Charlotte Beaudry

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° 1968

Travaille à Brussels (BE), vit à Brussels (BE), né à Huy (BE).

Happée dès l’adolescence par le désir de peindre, Charlotte Beaudry a un parcours atypique : artiste autodidacte, elle apprend la technique en recopiant des tableaux connus. A 19 ans, elle interrompt ses études en art pour rejoindre l’un de ses frères, Pierre Beaudry, décorateur à Londres, où elle assimile des techniques de décoration, comme la fresque, le trompe l’œil et les patines. Elle aborde tardivement le milieu de l’art par une série d’expositions régulières et remarquées qui révèleront la singularité de son travail. En 2005, elle remporte le prix Georges Collignon à Liège au MAMAC. En 2007, elle reçoit la bourse CERA Partner in Art et, l’année suivante, elle est nominée pour le prix Ariane de Rothschild.

Sa méthode de travail est basée sur des photographies et des vidéos qu’elle réalise elle-même ou trouve sur le web et collecte méthodiquement. En général, elle choisit un sujet selon la dimension plastique de l’image qu’elle analyse picturalement. Ensuite, elle l’agrandit et le reproduit de très près, ce qui le rend reconnaissable et étrange à la fois. Les compositions sont toujours simples, frontales et situées hors de tout contexte ou de toute localisation, de manière à perdre toute référence. Elle ne cherche pas à raconter une histoire mais veut brosser des images fortes qui agissent de manière directe.

Ses toiles et ses dessins représentent des sujets variés issus de son quotidien, dans une veine intimiste, débarrassés de tout faux-semblant. Ses séries les plus connues interrogent la difficulté des changements liés aux troubles de l’adolescence. Mais lorsqu’elle peint des architectures précaires (cabanes en carton ou en tissus), les thématiques qui parcourent tout son travail sont déjà présentes : le changement, la précarité, la fragilité, l’incertitude. C’est en voyant évoluer autour d’elle la fille de son compagnon, Juliette, qu’elle photographie, filme et représente dans de grands portraits en mouvement, qu’elle rencontre le succès. Elle peint la jeune fille dans des poses inhibées ou provocantes, en train de crier ou de tomber, tentant de fuir en cachant son visage derrière sa chevelure, ses mains ou son pull-over, comme des métaphores de l’univers émotionnel instable de l’adolescente, entre besoin de s’affirmer et de se dissimuler. Après les Juliette, Charlotte Beaudry poursuit avec un ensemble de portraits peints, filmés et photographiés de cinq jeunes filles de 19 ans, Mademoiselle nineteen. Inspirée par le film Masculin Féminin de Jean-Luc Godard, elle les interroge sur leur vie, leurs engagements, leur rapport au monde.

L’artiste pousse plus loin cette recherche en abordant d’autres sujets tout aussi réalistes mais de plus en plus ambigus. Slip rouge suggestif et carrossé comme une voiture de course, sacs à main entrouverts sur l’intimité provoquant une irrésistible envie d’y pénétrer, face arrière vide et monochrome de masques référant à la notion d’identité et de dissimulation, cible géante d’un jeu de fléchettes usée et transpercée, doigts roses sagement alignés sur fond noir qui semblent prêts à passer à l’attaque, etc. Ces sujets intriguent et puisent leur force sensuelle dans la suggestion. Qu’il soit question d’objets quotidiens, de lieux ou de portraits de jeunes femmes, les œuvres de Charlotte Beaudry déclinent les nuances, parfois ambiguës, d’une identité féminine à la recherche de son intégrité.

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