A 37 90 89: Beyond the Museum

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Event

M HKA, Antwerp

01 June 2018 - 06 January 2019

A 37 90 89 : AU-DELÀ DU MUSÉE

Commissaire de l’exposition: Barbara Vanderlinden

En mai 1969, un groupe de circonstance, composé d’artistes et d’amateurs d’art enthousiastes gravitant autour de la galerie White Wide Space, a décrété la création d’un nouveau centre d’art et de communication à Anvers. Le commissaire d’expositions allemand Kasper Koenig a pris la direction du centre A 37 90 89. « A fait référence à la lettre A, à ABC, à anti-art et à ainsi de suite », a-t-il écrit. « 37 90 89 est le numéro de téléphone. Le centre répondra aux appels 24 heures sur 24. »

A 37 90 89 a commencé par un petit-déjeuner au champagne le 21 juillet 1969 à l’occasion de la diffusion de l’alunissage d’Appolo 11. Au cours des six mois suivants, le programme a réuni à Anvers un réseau d’artistes néo-avant-gardistes d’Europe occidentale et des États-Unis. Leurs actions artistiques ont traité de questions fondamentales sur l’art et ses institutions dans un contexte social. James Lee Byars a, par exemple, réalisé une expérience en direct, par le biais de la télévision, de la radio et du téléphone qui a consisté à recueillir des questions du monde entier, Marcel Broodthaers y a installé son musée nomade, le Musée d’Art Moderne, Département des Aigles, Addi Køpcke, Robin Page et Tomas Schmit ont reconstitué le café Amadou et Jörg Immendorff et son collectif LIDL y ont organisé la Semaine sportive de LIDL.

Bien qu’A 37 90 89 n’ait existé que six mois, l’initiative continue toujours d’influencer, près de cinquante ans plus tard, la discussion sur le dilemme des musées et leurs difficultés à donner une place aux idées expérimentales. Cette exposition d’archives a l’ambition de fouiller l’histoire d’A 37 90 89 à la faveur de trois éléments: un film qui fait défiler en boucle tous les documents avec des voix off féminines et masculines qui en lisent des extraits, une exposition de photos de Maria Gilissen et une reconstitution de la semaine sportive de LIDL par Josef Dabernig.

 

Le 24 août 2018

Josef Dabernig (Autriche, °1956)

Re-visioning LIDL Sports-week / Reconstitution de la semaine LIDL du sport

En 1968, Jörg Immendorff et Chris Reinecke créent le mouvement LIDL et ses divers départements – Lidl Académie, Lidl Espace, Lidl Sport, Lidl Théâtre, etc. – dans le but de dissiper le caractère mystique de la création et d’inviter les artistes à s’engager dans la société. À Anvers, Immendorff et Reinecke ont organisé une série d’activités sportives immersives sous le label LIDL : des entraînements de sport, un match de football, une course cycliste d’Anvers à Bruxelles.

L’artiste Josef Dabernig, pour qui le sport a longtemps été la métaphore de la routine artistique – faisant surtout référence au football et au cyclisme – a sélectionné deux lieux caractéristiques de son dialogue continu avec l’architecture. Dans ces lieux, il réunit un nombre de personnes, triées sur le volet, majoritairement liées à l’art mais pas exclusivement, pour participer aux reconstitutions de LIDL Sport. Les lieux choisis sont d’une importance cruciale, soulignant leur qualité de « non-lieux » en tant que manifeste anti-commercial et anti-représentatif, référant de la sorte aux idées formulées par LIDL concernant la « normalité » et la « démocratie ». Évitant le burlesque, toutes les activités et interprétations de LIDL se déroulent dans un contexte neutre. Dabernig a réalisé des photographies panoramiques de sa reconstitution de la semaine de sport LIDL afin d’en garder une documentation. La structure rigoureuse du dispositif des vitrines 1, 2 et 3 explore les espaces rectangulaires vides comme une métaphore de désirs et d’attentes. D’autre part, les vitrines 4 et 5 sont liées à l’occupation de ces espaces par les performeurs et renvoient à des événements historiques.

Durant l’événement, le 24 août 2018, l’artiste a déclaré : « Quand j’interprète les activités sportives LIDL comme une sorte de transgression dans l’art, avec des références – mettons – dadaïstes, fluxus et situationnistes, il me faudrait considérer mes tentatives performatives comme une sorte de vision sculpturale étendue, qui inclut la magie des lieux, leurs implications géométriques, les sujets qui articulent ces lieux d’une certaine façon, l’autonomie de ces sujets dans leur rapport paradoxal à l’encadrement ainsi que les affinités avec la photographie et le cinéma de telles actions aux motivations sculpturales. »

 

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