EKATERINA MUROMTSEVA – Minuit moins le quart

Ekatarina morumtseva quarter to twelve 2018 photo alexander anufriev

Event

M HKA, Antwerp

25 September 2020 - 10 January 2021

Ekaterina Muromtseva (Moscou, °1990) a étudié la philosophie et a ensuite suivi une formation en peinture et en dessin à l’école d’art Rodchenko où elle a parfait son curriculum par l’orientation documentaire dans la section photographie et vidéo.

Depuis sa première exposition individuelle en 2015, l’intérêt international pour l’œuvre de Muromtseva ne cesse de s’accroître. On la définit comme une artiste aux multiples facettes, au fort engagement politique et surtout social. Muromtseva peint à l’aquarelle, réalise des vidéos poignantes, sculpte des personnages en bois. Elle consacre son temps libre à donner des cours d’art à des personnes âgées, avec lesquelles elle s’entretient de préférence sur la Seconde Guerre mondiale et sur la mort de Staline.

Dans ses compositions et installations, Ekaterina Muromtseva combine avec brio le présent et le passé, qu’elle sous-tend parfois d’un humour intelligent, d’autres fois d’une colère ironique. Que la « nouvelle Russie » soit toujours aux prises avec les équilibres démocratiques ne veut pas dire que l’occidentalisation (depuis la glasnost et la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev) n’a pas exercé d’influence sur la libération culturelle du pays. La quintessence de son œuvre s’articule autour des fantômes du passé auxquels Muromtseva tente de donner une place dans le présent. Elle explore le passé sombre de l’Union soviétique en vue de mettre en lumière le nouveau présent de la Russie.

L’œuvre Minuit moins le quart d’Ekaterina Muromtseva, une installation qui occupe un espace complet, projette sur trois murs des dessins sur transparent au moyen de projecteurs et d’ampoules à incandescence. Un théâtre d’ombres est ainsi créé, avec des images en mouvement d’une série de personnages, de mécanismes et d’animaux. Les personnages se superposent et se fondent, formant de la sorte un enchaînement de scènes sur la vie. La parade représentée est en mouvement constant et tourne parallèlement au rythme social et historique de la « musique de la Révolution ». À travers tout cela, on peut entendre, comme un écho du passé, le poème Les Douze du poète russe Aleksandr Blok, la première œuvre littéraire russe sur la période qui a suivi les révolutions au début du XXe siècle. Minuit moins le quart raconte le sentiment collectif d’attente et d’espoir et le cycle de changements permanents. La révolution évolue d’un mouvement radical en un mouvement progressif alors que nous passons d’une société postindustrielle à une société du réseau.

Cette exposition fait partie du projet « Present Continuous », une coopération structurelle entre le M HKA et V–A–C.

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