Emmett Williams

1925 - 2007

Né à Greenville, South Carolina (US), décédé en Berlin (DE).

Le poète et artiste américain Emmet Williams a grandi en Virginie et réside de manière régulière en Europe depuis 1949. Il étudie d’abord la poésie avec John Crowe Ransom au Kenyon College et ensuite l’anthropologie à l’Université de Paris. En tant qu’artiste pratiquant l’art de la performance et cofondateur du mouvement Fluxus, il collabore avec Robert Filliou, Daniel Spoerri, Joseph Beuys et Claus Oldenburg. En 1966, son célèbre recueil de poèmes Sweethearts [Chéris] est publié. Il y examine les possibilités et les limites du mot « sweethearts » dans une grille de onze sur onze (le nombre de lettres du mot lui-même) dans laquelle le mot apparaît notamment de manière horizontale, verticale, en rébus ou en forme de croix, etc. Le livre est imprimé à l’envers et s’ouvre de gauche à droite. Il faut le lire en retournant les pages une par une, ou comme un folioscope. La couverture a été conçue par Marcel Duchamp.

Pendant les années soixante, Williams est le coordinateur du mouvement Fluxus en Europe. Il résume Fluxus de la manière suivante :

« La vie est une œuvre d’art et une œuvre d’art est la vie. Fluxus considérait toute la vie comme une pièce de musique, comme un processus musical. Je pense que l’origine de l’agitation ne venait pas des actions Fluxus en tant que telles, mais plutôt de la philosophie qui se cachait derrière le mouvement. L’idée que tout peut être de la musique est la propriété la plus convaincante et la plus caractéristique de celui-ci et elle transforme Fluxus en une véritable entité en tant que telle. »

À Paris, il fonde le Domaine Poétique et devient le précurseur de la poésie concrète qui stipule que les pensées et les émotions sont plutôt exprimées par la forme sonore et graphique que par le contenu ou par les vers linguistiques.

Il décrit la poésie concrète comme un retour à la poésie en tant qu’image. Grâce aux répétitions et aux variations de mots et de formes, un élément structurel qui se trouvait déjà dans le poème prend forme. L’image créée va au-delà du simple texte et offre ainsi des possibilités nouvelles et plus libres.

Depuis le début, Williams considère le mouvement Fluxus comme un forum libre qui permet de se libérer du carcan de l’art reconnu. Le courant entretient une relation libre et ouverte envers la vie elle-même et veut s’affranchir des catégories esthétiques du passé. Les happenings ont principalement lieu de manière organique et présentent un caractère international. Fluxus ne met aucun canon esthétique en avant que les différents artistes et formes artistiques doivent rassembler dans un objectif commun. Il préfère accorder la priorité à la pensée humaine et à l’esprit du temps de sorte à les animer de manière créative, humoristique et ouverte.

À partir de cet état d’esprit, Williams entretient en Europe des relations artistiques et des amitiés particulières avec des artistes, qui sont à l’origine de publications, d’éditions et de performances les plus variées. Il effectue la Pink Spaghetti Handshake [poignée de mains de spaghetti roses] avec Robert Filliou en 1965 pendant une performance : les deux artistes prennent une poignée de spaghetti et se serrent la main. L’impression de cette poignée de main est publiée comme une édition. Une deuxième collaboration a lieu en 1971 avec Spaghetti Sandwich, où Daniel Spoerri est également impliqué en tant qu’éditeur. En Belgique, Williams entretient de bons contacts avec Paul de Vree, éditeur de la revue flamande pour la poésie visuelle et concrète De Tafelronde. Dans l’Anthology of concrete poetry [Anthologie de poésie concrète] de Williams, un travail de De Vree a été repris, et tous les deux sont également représentés dans le répertoire graphique « International concrete poetry » [Poésie concrète internationale] de 1965.

Fluxus ne se concentre pas uniquement sur les publications et les collaborations artistiques. L’esprit d’action et de performance occupe aussi une place centrale. Les apparitions publiques sont plutôt des actions collectives dans un contexte ritualisé. Les artistes Fluxus veulent constamment enfreindre les valeurs et les normes fixes. De préférence d’une autre manière que la précédente. Sans être politiquement actif au sens strict, le mouvement a l’ambition de fonctionner de manière plutôt « disruptive » avec ses expériences. L’humour et les absurdités sont les bienvenus. La valeur artistique se trouve surtout dans le contexte et pas tellement dans l’œuvre d’art en tant que telle.

La possibilité de faire imprimer toutes les publications Fluxus avec de l’encre très éphémère sur du papier avec une courte durée de vie est analysée. Cette idée cadre parfaitement avec l’esprit de Duchamp, et voit le jour bien avant l’œuvre autodestructrice de Bansky.

Williams reste également le président de l’Internationale Künstlermuseum de Łódź (Pologne) jusque sa mort.

HW/DE

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