Mass and Individual Moving

1976 - 1985

En 1976, tel un phénix, Mass and Individual Moving (MAIM) renaissait des cendres de Mass Moving qui venait de connaître une fin abrupte et violente. Le nouveau collectif a lui-même fait allusion à cette métaphore. Le 22 mars 1977, alors que la ville d’Anvers célébrait le quatre centième anniversaire de la naissance du peintre baroque Pierre Paul Rubens (1577-1640), MAIM a fait exploser une bombe sur le village poldérien flamand de Lillo, rasé de la carte. La première action du nouveau collectif, désormais placé sous la supervision un peu plus explicite de Raphaël Opstaele, est une série de monuments radioactifs.

La crise énergétique du début des années 1970 et le mouvement antinucléaire qui s’est ensuivi ont alimenté le débat sur les énergies alternatives. MAIM aspirait à l’indépendance et, à l’instar de son prédécesseur Mass Moving, s’est tourné vers les ressources naturelles telles que le soleil et le vent. C’est cette autonomie écologique qui prévalait et qui les différenciait des utopistes rêvant de réparer le monde et de leur désir de liberté. C’était une autre époque. MAIM avait les pieds sur terre et s’épanouissait sur le courant du spectacle événementiel, créant des monuments itinérants et se servant du potentiel reliant de la poésie. Comme un cirque, MAIM cherchait à la fois à divertir et à tendre un miroir au public.

MAIM était une association à but non lucratif, fondée par Raphaël Opstaele, Barbara Hahn, Luc Schuiten, Pierre Gonay et Claire Lamy. Contrairement au collectif très libre et libertaire que fut Mass Moving, MAIM rémunérait les personnes qui participaient à ses projets.

En 1985, le terme de Mecano Art est mentionné pour la première fois. Il s’agit d’un concept imaginé par ORAS, acronyme de Raphaël Opstaele (Opstaele Raphaël August Séraphin). Depuis, MAIM a poursuivi ses activités sous ce nom et s’est concentré sur des sculptures mécaniques monumentales qui se lisent comme des métaphores des problèmes les plus préoccupants de ce monde. Chaque projet nécessitait des mois ou des années de préparation technique et financière. Alors que dans notre science-fiction technologique, tout devenait de plus en plus petit, ORAS rendait tout de plus en plus grand, à l’image des géants de nos livres d’enfants.

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