Vieille garde ? Avant-garde !
06 June 2026 - 13 September 2026
M HKA, Antwerpen
Après les folles années 1920, l’avant-garde historique s’essouffle. Certains modernistes reviennent à la peinture classique, d’autres abandonnent complètement la création artistique. Mais chassez le naturel, il revient au galop ! Vieille garde ? Avant-garde ! donne à voir de quelle manière les pionnier·ères des années 1920 se sont à nouveau radicalisé·es dans les années 1950, sous l’influence d’une nouvelle génération.
Leurs nouvelles expérimentations prennent des formes variées. Jozef Peeters se remet à la peinture abstraite et se joint aux jeunes artistes du Groupe 58. Floris Jespers explore de nouvelles techniques et de nouveaux concepts, tandis que Paul Joostens poursuit sa voie singulière. E.L.T. Mesens cherche activement à se rapprocher des jeunes avant-gardistes et, inspiré par les dernières tendances artistiques italiennes, il développe un art qui mêle surréalisme et futurisme.
La rencontre à la fin des années 1950 entre artistes de différentes générations constitue un moment charnière de l’histoire de l’art. Elle marque non seulement l’émergence d’une deuxième vague avant-gardiste, mais aussi le début de l’historiographie de la première avant-garde.
À partir de la fin des années 1950, les lignes narratives qui marquent l'histoire du modernisme en Flandre jusqu'à nos jours commencent à se dessiner. Le texte introductif que rédige l'artiste et critique d'art Maurits Bilcke en 1954 pour l'exposition Les premiers abstraits en Belgique, qui se tient à la galerie Saint Laurent à Bruxelles, contient déjà l'amorce de ce récit:
L'art abstrait restait dans l'ombre. C'est que l'interêt, tant de la critique que des amateurs, était systématiquement oriente vers l'expressionnisme, puis le surréalisme.
Pour Bilcke, l'art abstrait est le point d'aboutissement logique de la modernisation. Il le place à l'opposé diamétral de l'expressionnisme et du surréalisme.
Sans en avoir l'intention, Bilcke accentue ainsi la rivalité entre le courant de Paul van Ostaijen, qui a introduit l'idée du moderne en Flandre pendant la Première Guerre mondiale, mais ne s'est jamais aventuré sur le terrain de l'abstraction pure, et les constructivistes abstraits Jozef Peeters et Michel Seuphor. Trente ans plus tard, Seuphor y voit surtout l'occasion de glorifier son propre role dans cette histoire (et de minimiser celui de Van Ostaijen).
Les nombreuses apparitions de Seuphor à la radio et à la télévision, lui permettent de faire école, même si, de temps à autre, il croise un témoin de la première heure. Dans l'émission télévisée Ten Huize Van, diffusée en 1960, Floris Jespers décrit justement l'avant-garde comme une longue quête de synthèse des-ismes modernes. Il qualifie sa propre œuvre de « soupe », préparée avec les meilleurs ingrédients du cubisme, de l'expressionnisme et du surréalisme.
Et la recette originale de cette soupe ? C'est Paul van Ostaijen qui la lui a donnée autrefois.
L’exposition – la première de trois présentations d’archives consacrées à la pérennité de la théorie artistique de Paul van Ostaijen dans l’après-guerre, en partenariat avec Dynamiek ! – est un projet de la Société Paul van Ostaijen.
Commissaires : Dennis Van Mol, Matthijs De Ridder, Jan De Vree
Le M HKA présente des archives d’art dans le cadre d’expositions successives. Celles-ci sont non seulement essentielles à la conservation et à la mise en lumière de legs artistiques, mais elles créent de surcroît des possibilités de nouvelles recherches.
Items
View allMedia
View allActors
View all









